lundi 20 juin 2016

Pourquoi devenir membre de l'AAQ

Je suis membre de l'Association des archivistes du Québec depuis mes années ebsiennes au milieu des années 1980. Je suis resté membre, même pendant que je travaillais à l'étranger comme coopérant volontaire pour des organisations canadiennes d'aide au développement. Ces dernières années, j'ai négligé l'AAQ… et, sans trop m'en rendre compte, j'ai cessé d'être membre pendant quelques années, trois ou quatre ans si je ne m'abuse. Récemment, quand une collègue de l'Université de Montréal m'a sollicité pour participer aux travaux du comité du programme du congrès de 2017, j'ai accepté mais, par la suite, je me suis aperçu que je n'étais plus membre... Comment pourrais-je travailler bénévolement pour une association dont je ne suis pas membre ? J'ai donc régularisé ma situation en payant ma cotisation et, par le fait même, retrouvé mon statut de membre « régulier » de l'AAQ.

Certains collègues m'ont demandé : Pourquoi (re)devenir membre de l'AAQ ? À quoi ça sert ? Cela n'offre plus guère d’utilité compte tenu que les sources d'information sur la profession se sont multipliées sur le Web. Sur le site de l'AAQ sont énoncés certains avantages au fait d'être membre. Personnellement, cela me touche assez peu : je ne suis pas en début de carrière et, en ma qualité d'enseignant et d'archiviste-conseil, je ressens moins le besoin de tisser un réseau professionnel, de me former, de chercher un emploi, etc. Alors, quelle est ma motivation à (re)devenir membre de l'AAQ ? 

Voici ce que je suis en mesure de répondre et ce, en toute simplicité :
  1. Je suis (re)devenu membre de l'association parce que j'ai besoin d'appartenir à une communauté. Ce sentiment d'appartenance renforce mon identité professionnelle souvent malmenée par les métiers émergents issus des technologies de l'information et des communications (TIC). 
  2. Je suis (re)devenu membre parce que, en plus de renforcer mon identité professionnelle, le fait d'appartenir à la communauté des archivistes me permet de définir mon rôle dans la société, même si ce rôle s’avère modeste en comparaison à l’éventail des professions. Personnellement, je trouve stimulant d’exercer mes fonctions de gestion et de sauvegarde de l'information de nature archivistique en ayant pleinement conscience du rôle que je joue dans la société. Plusieurs représentants d’autres corps professionnels ne peuvent en dire autant…
  3. Enfin, (re)devenir membre de l'AAQ me rappelle à mon devoir de solidarité envers les membres les plus jeunes de ma profession qui, souvent, éprouvent des difficultés à prendre leur place dans la société. C'est pour cela que je m’efforce, en tant qu'enseignant et en tant qu’archiviste, d’aider les plus jeunes. Le devoir de solidarité fait partie des valeurs de l’association et je les partage. Plus jeune, des collègues m’ont moi-même aidé dans mes premiers pas en tant qu’archiviste professionnel. Je pense notamment à Denys Chouinard, à Carol Couture et, plus tard, à Jacques Grimard. Une juste façon de retourner l’ascenseur.
Voici donc pourquoi je suis redevenu membre de l’Association des archivistes du Québec. J’aurais pu évoquer bien d’autres raisons, mais je crois qu’on m’a compris… Bien entendu, (re)redevenir membre de l’AAQ implique de payer sa cotisation. On le fait aussi par solidarité :  cette modeste somme permet de soutenir financièrement les activités de l'association.

lundi 13 juin 2016

Cyber Dust : quand l’écrit devient parole

Cyber Dust est une application de snap chat, c’est-à-dire de clavardage instantané, disponible à l’intention des heureux détenteurs des téléphones dits intelligents. Son fonctionnement rappelle celui d’une messagerie instantanée sauf que, une fois le message ouvert par le destinataire, il se détruit dans les trente secondes. Mieux, si ce celui-ci tente d'en faire une capture d'écran pour le préserver, l'expéditeur reçoit une notification, ce qui lui permettra de savonner vertement son contact. Le développeur affirme que les messages effacés ne peuvent être recouvrés. Aussi Cyber Dust aurait l’immense avantage de conserver une multitude de conversations en mode réellement privé, cultivant ainsi le culte du secret, le secret véritable qui ne peut être divulgué à des tiers. 

Étrange, cette application. Étrange le lien qu'on peut établir chaque jour entre les technologies de l'information et des communications (TIC) et notre profession. Certes, je conviens que tout ne peut être conservé. J’en ai d’ailleurs traité dans mon billet sur l’Écran magique (Etch a Sketch) mis en ligne en décembre 2013 sur le blogue Instantanés de BAnQ. L’Écran magique est ce jouet d’une autre génération qui permettait de dessiner des croquis… éphémères puisque, une fois le dessin achevé, il suffisait de secouer l’écran pour l’effacer et, par la suite, dessiner d’autres objets. Mais l’innocence de l’Écran magique ne saurait se comparer avec celle du Cyber Dust. Ici, ce qu’on vise explicitement, c’est de ne pas laisser de trace, de ne pas participer à l’histoire, la petite comme la grande. Bien entendu, l’utilisation de cette application permet aussi de se soustraire à des poursuites, notamment en matière de relations conjugales. Enfin... Ce qu'il faut retenir, c'est que Cyber Dust n'est ni plus ni moins qu’une application qui échappe à tout contrôle archivistique. Avec Cyber Dust, l’écrit redevient parole… sauf que normalement la parole s’avère captable, enregistrable, ce qui n’est pas le cas des échanges tenus via cette application.

Sur le site du développeur, on dit que cette application vous permet de rester en contrôle de vos messages. Cela m’a fait sourire : la gestion des documents permet ce contrôle de l’information consignée, pas l’inverse… Alors, d’un point de vue archivistique, que penser de Cyber Dust ? Rien de bien grandiose : le règne de l’éphémère associé aux TIC est délibéré ; il est pensé comme un objet qui échappe au temps, à l’histoire – une information qui ne deviendra jamais archives.

c2014, mis à jour 2016

lundi 6 juin 2016

Penzu, l'intimité archivable...

En mars 2016, le Devoir a publié un bel article d'Isabelle Campone originellement paru dans le journal suisse Le temps. L'article a pour titre : Le journal intime, version Web - Un pied de nez à l'instantanéité des réseaux sociaux. Je savais depuis longtemps - du moins depuis le séminaire du GARM (Groupe des archivistes de la région de Montréal) de février 2011 qui a eu pour thème Les archives de l’intimité : des journaux intimes aux blogues - que l'intimité revêt des formes nouvelles depuis l'avènement du Web et, plus particulièrement, du Web 2.0. Dans ce séminaire du GARM, j'ai d'ailleurs prononcé une conférence dans laquelle je déplorais le peu de cas que faisaient les archivistes de la préservation des blogues disséminés sur la toile du Québec. En fait, nous avons contourné le débat en statuant que les blogues ne relèvent pas de l'archivistique, mais plutôt de la bibliothéconomie. Une conclusion qui arrange un peu tout de monde, mais qui n'aide personne.

Alors, de qui relève-t-il ce journal intime que les jeunes gens dissimulaient sous leur oreiller ? Peu importe, là n'est pas la question ici. Lors de ce séminaire, auquel a participé l'archiviste suisse Jean-Daniel Zeller, on déplorait déjà la difficulté d'archiver des blogues. Certes, l'application Blogspot de Google permet d'archiver ses billets sous la forme d'un fichier XML, mais que faire avec cet amas de codes par la suite ? Pour le commun des mortels, c'est loin d'être évident, ce fichier codé... Et WordPress, un des services de blogging les plus populaires au monde, n'a prévu aucune solution d'ensemble permettant de sauvegarder son blogue personnel.

Depuis 2011, la téléphonie mobile s'est développée de façon fulgurante, transformant nos téléphones en ordinophones avec lesquels nous pouvons faire fonctionner de multiples applications, mot qui remplace le vieux mot de logiciel... Et tout naturellement des applications de journal intime ont commencé à émerger. J'ai testé l'une d'entre elle : Penzu. Je n'entrerai pas dans les détails, mais Penzu permet de faire ce que la plupart des blogues ne permettent pas : conserver son journal (entièrement ou partiellement) en l'exportant en un fichier PDF protégé. Bref, l'archivage de son journal intime est possible et ce, de manière toute simple. 

Si les institutions d'archives ont collectivement baissé les bras, les individus doivent assumer leur propre mémoire en constituant eux-mêmes leur fonds d'archives. Penzu permet ça : l'archivage des ses écrits intimes, manifestation concrète du juste retour vers soi essentiel à l'équilibre des hommes et des femmes.

lundi 30 mai 2016

Révolution numérique et changement de paradigme en archivistique

Il y a exactement douze ans, soit au début de l’année 2004, alors que j’étais professeur d’archivistique à la Haut école de gestion de Genève, Jacques Grimard m’a écrit pour me demander de rédiger un texte d’une seule page sur ma vision de la « révolution numérique ». En m’écrivant – à moi, mais aussi à de nombreux autres collègues –, il cherchait à mesurer les impacts du numérique sur nos pratiques. Les résultats de cette enquête ont fait l’objet de la conférence d’ouverture du 33e congrès de l’Association des archivistes du Québec qui s’est déroulé à Sainte-Adèle, les 27-29 mai 2004 sous le thème : Changement de paradigme en gestion de l’information, impacts sur nos façons de faire. L’année suivant, un texte remanié de cette conférence a paru dans la revue Archives [1].  Je reproduis ci-dessous le texte que je lui ai envoyé à l’époque. Vous constaterez vous-mêmes que, même si dix ont passé, j’ai l’impression que le contenu n’a guère vieilli… Jacques Grimard, lui, a quitté ce monde à l’automne 2007. Et je ne cesse de penser à lui depuis lors.

L’annonce d’un changement de paradigme en archivistique a été proclamée à la fin des années 1980 par des archivistes nord-américains dans le contexte général de l’application des principes archivistiques à la gestion des documents sous forme électronique. Bien que ce concept de paradigme remonte aux Grecs (Platon), c’est l’épistémologue Thomas Kuhn qui, au début des années 1960, lui a donné son sens actuel.  Ce concept ne se réfère pas seulement au développement des sciences, mais aussi à leur application, voire à leur modélisation par la communauté professionnelle. En archivistique, par exemple, un changement de paradigme signifierait que la communauté archivistique aurait intégré dans sa pratique des changements intervenus dans ses principes et assises. A partir là, posons simplement la question suivante : « Qu’est-ce qui a changé dans nos pratiques qui mérite que l’AAQ fasse du changement paradigmatique le thème de son 33e congrès ? »

Essentiellement trois choses :

  • L’intervention de l’archiviste dès la création, voire dès la conception des documents et des systèmes qui les gèrent, est une devenue une nécessité vitale, car c’est le seul moyen de préserver l’authenticité et la fiabilité des archives, autrement dit leur valeur de témoignage. L’archiviste qui se contente d’attendre des « versements » est un archiviste en voie de trahir sa mission fondamentale : la constitution du patrimoine documentaire de la nation.
  • L’intervention dès la conception des documents et des systèmes qui les gèrent supposent une pratique professionnelle de plus en plus normalisée. Ainsi la rédaction de politiques, procédures et normes fait dorénavant partie du labeur quotidien de l’archiviste. Et le « compliance management » devrait faire partie de son horizon professionnel…
  • Le fait de savoir si le changement de paradigme en archivistique affecte ou non la justesse de ses principes et assises constitue un débat qui est loin d’être clos… Le principe de provenance, en spécifiant le contexte de la production des documents, semble être en mesure de garantir l’authenticité et la fiabilité des documents sous forme électronique. Par contre, la notion de cycle de vie s’avère malmenée par certains chercheurs anglophones, théoriciens du records management, qui tentent de la transformer en records continuum. Cette dernière notion, toutefois, pénètre avec difficulté dans les milieux professionnels. Quant à la notion de « document », elle interpelle la structure des données et alimente de nombreuses discussions…

Assistons-nous à un véritable changement de paradigme en archivistique ? Sans doute… mais le processus est toujours en cours.

c2004

[1] Jacques Grimard, L’archivistique à l’heure du paradigme de l’information… ou la « Révolution » numérique à l’« âge » archivistique. Archives, 37 :1 (2005-2006), p. 59-87

lundi 23 mai 2016

Le Centre d'archives et d'histoire du travail (CHAT)

Le Centre d’histoire et d’archives du travail (CHAT) est un service d’archives dédié à la préservation et à la mise en valeur des archives du monde syndical au Québec. Pour ce faire, il s'est doté pour mission de sensibiliser les syndicats dans la conservation et le traitement de leurs archives. Une fois cette sensibilisation acquise, il tente de les soutenir, notamment en œuvrant au traitement et à la mise en œuvre de leurs archives. En opération depuis 2014, le CHAT a pignon sur rue dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal, dans un local mis à disposition par les Métallos (FTQ). Déjà 16 fonds sont consultables directement sur place. Je vous invite à consulter le site Web de l'organisme pour de plus amples informations.

Des pays aussi importants que la France ont reconnu l'importance des archives du travail pour témoigner des faits et gestes d'une société. Aussi le Centre d'archives du travail de Roubaix a été pleinement reconnu par les autorités nationales et porte maintenant le nom d'Archives nationales du monde du travail. En Suisse, ils ont opté pour une institution abritée par l'Université de Bâle : les Archives économiques suisses (SWA). Les archives suisses ont adopté une approche plus globale, intégrant les archives d'entreprises à celles des syndicats.

En dépit de ses moyens limités, le CHAT publie quatre bulletins d'information par année. Oeuvre de bénévoles dévoués, le CHAT se veut un organisme au service de l'Histoire, et non pas au service d'une centrale syndicale au détriment d'une autre. Des bénévoles, archivistes et syndicalistes qui méritent notre respect. Espérons qu'ils obtiennent bientôt un appui concret.

lundi 16 mai 2016

2045 : Une fiction archivistique

2015

Au décès d’Albert Girard, né en 1942, son fils Jean-René a retrouvé douze cartons d’archives empilés pêle-mêle dans le fond d’un placard. Monsieur Girard n’a jamais été un homme ordonné, de sorte qu’à chaque fois qu’il terminait un document ou qu’il recevait une lettre, il la foutait dans une boîte, se disant que ça pouvait toujours servir. Comme tous les gens désorganisés, il répugnait à se défaire de ses documents, sans toutefois s’interroger sur la raison de leur conservation. Et c’est ainsi que, dans le plus grand désordre, s’est constitué le fonds d’archives d’Albert Girard, conseiller pédagogique à la Commission scolaire de Montréal.

Dans les mois suivant ce décès, Jean-René, né en 1982, a redécouvert son père à travers les archives qu’il a laissées. Par exemple, il ignorait totalement que son père avait consigné, dans des carnets à couverture noire, des notes (réflexions, idées, etc.) sur son métier de pédagogue, notes qui s’étendent sur plus de trente années et qui jettent un éclairage fort original sur les mutations pédagogiques des années 1965 et 1975. Lui-même professeur de philosophie dans une université montréalaise, particulièrement sensibilisé au monde de l’éducation, il s’en est ouvert à des collègues qui lui ont proposé d’offrir ses carnets en don à une institution d’archives de la région. Aujourd’hui, les carnets de monsieur Girard père bénéficient de toutes les conditions de conservation requises et, surtout, s’avèrent accessibles aux chercheurs et aux dilettantes. Jean-René est fier de ce père qu’il n’avait jamais vu sous cet angle de son vivant…

2045

Visiblement, Jean-René Girard a hérité de son père son sens de l’observation sociale. Malheureusement, il lui a aussi transmis son sens de la désorganisation, du désordre, cette attitude qu’ont certaines personnes à vivre maintenant sans se soucier du lendemain. Entre 2010 et 2030, Jean-René a animé un blogue fort couru sur les effets des technologies sur la formation des jeunes. Il a démontré, billet après billet, que la culture des jeunes des années 2010 n’était pas moindre que celle de leurs aînés, mais reposait simplement sur une approche différente du savoir. 

Après son décès, sa fille Sophie, née en 2022, a tenté de restaurer la mémoire de son père, de recréer son dynamisme, tout comme l’avait fait son père pour son grand-père. Sauf qu’il n’y avait pas de cartons d’archives dans les placards…. Elle se souvenait vaguement que son père consignait des données numériques sur un disque externe, un objet qui tenait à peine dans le creux de sa main et qui pouvait stocker l’équivalent de centaine de boîtes d’archives. Peine perdue, dans le désarroi des jours qui ont suivi la mort soudaine de son père, elle n’a pas réussi à le retrouver. Ainsi les 2000 billets que son père a écrits pendant ses vingt ans de blogueur se sont envolés… Même chose pour cet autre blogue, beaucoup plus intimiste, sur lequel il mettait en scène sa vie quotidienne avec brio. Et inutile de parler des milliers de courriels envoyés et reçus par ses collègues et amis du monde entier… Non, son père, comme son père avant lui, n’avait pas le souci de garder trace de ses activités à la conséquence près que son grand-père, même désorganisé, avait pu laisser quelque chose…

Mais tout n’était peut-être pas perdu. Sophie a entendu parler de cette institution nationale d’archives qui a pour mandat de préserver les documents témoignant des hommes et des femmes qui ont marqué, chacun à leur manière, le développement de la société québécoise. Peut-être a-t-on archivé le blogue de son père ? Au bout du fil, le responsable des acquisitions lui dit que, malheureusement, la politique de collecte des blogues et sites Web n’a été mise en application qu’en 2027 et que, dans un premier temps, elle était surtout destinée à assurer la préservation des documents des organismes publics. Ce n’est donc que tout récemment qu’on a mis en place un programme visant spécifiquement les documents numériques des individus. Désolé…

Moralité : il faut gérer le numérique maintenant, pendant qu’il est encore temps.

2011, mis à jour 2016

lundi 9 mai 2016

Images animées ou en mouvement

Bien que le Grand dictionnaire terminologique de l’Office de langue française indique clairement sa préférence à « image animée » pour désigner les films, les vidéos et toutes formes d’images qui, contrairement à la photographie, ne sont pas « fixes », la communauté archivistique québécoise recourt à l’anglicisme « image en mouvement », une mauvaise traduction de moving picture ou moving images. Dans la langue courante, le mot « animation » désigne le fait d’être en mouvement, notamment « une méthode permettant de donner, par une suite d’images (dessins, photographies), l’impression du mouvement » (Le Petit Robert, 1987). Il ne viendrait jamais à l’idée d’un enfant d’écouter des dessins en mouvement à la télévision, n’est-ce pas ? Alors pourquoi employer sciemment l’anglicisme « image en mouvement » dans le domaine des archives ?

Quand j’ai posé cette question à des collègues, ils m’ont donné la seule réponse acceptable : « Les Règles de description des documents d’archives ont adoptées ce terme et nous ne pouvons aller à l’encontre des RDDA ». Vérification faite auprès d’une collègue du traitement, je constate qu’il s’agit effectivement du terme qui a été retenu par le comité qui est à l’origine des RDDA. Je suis néanmoins déçu que les membres de ce comité, malgré le travail remarquable qu’ils ont réalisé, n’aient pas réussi à penser en français et, par le fait même, à dépasser le niveau du français fédéral.

Je rends les armes, je baisse les bras… Dorénavant, dans le cadre de mon travail à BAnQ, je me résoudrai à parler d’images en mouvement, même si ça conduit parfois à des aberrations. Par exemple, dans un article de Pierre Chaperon publié dans Cursus (Indexation des images en mouvement : un tour d’horizon, l’auteur emploie à six reprises « images animées » dans son article dans lequel, à l’exception du titre, on ne retrouve JAMAIS « images en mouvement ». Même chose sur Google : l’équation de recherche « images en mouvement ou images animées » ne donne que « images animées » comme résultat. Tant pis, continuons à parler d’images en mouvement, de système corporatif et de disposition finale. Après tout, c’est ce qui nous distingue, non ? Dommage qu’on lutte depuis si longtemps pour le fait français au Québec… avec d’aussi piètres résultats.

2010, mis à jour 2015